[Cet article a été traduit de l’arabe; il consiste en une étude importante du patrimoine idéologique du mouvement communiste au Maroc, mouvement rentré en crise à la fin des années 1970 en raison de l’hégémonie de la ligne réformiste/révisionniste.

C’est dans des conditions extrêmement dures que le mouvement s’est développé, produisant des organisations comme ILAL AMAM (En Avant), 23 Mars (23 Mars 1965 était la date du début des émeutes, Intifada en arabe, du peuple de la ville de Casablanca, des milliers de martyrs du peuple marocain sont tombés ce jour là), et Servir le Peuple.

Parmi les très nombreux martyrs, on se rappellera entre autres d’Omar Benjelloun, plusieurs fois emprisonné et torturé, dirigeant syndicaliste et militant du parti de l’Union National des Forces Populaires, assassiné par les fascistes des frès musulmans à sa sortie de prison le 18 décembre 1975.

Mais également de la communiste Saïda Menehbi, emprisonnée, torturée et jugée parmi les 139 militants marxistes-léninistes dans le procès du 3 janvier 1977, morte au bout de 33 jours de grève de la faim dans la lutte contre l’isolement total.

D’Abdellatif Zeroual, assassiné sous la torture quelques jours après son enlèvement à Casablanca en novembre 1974. L’Etat ne révélera cela qu’à la veille du jugement du procès de janvier 1977. On se rappelle également de Mehdi Ben Barka, leader national assassiné le 29 octobre 1965 en plein Paris par la police Marocaine, avec la complicité claire de la France.]

Tout observateur de la situation actuelle du MMLM (Mouvement Marxiste-léniniste du Maroc) ne peut que noter ce rebondissement dans les rangs de ses militants après de longues années de stagnation.

Il est devenu clair aujourd’hui que la force de préparation et d’initiative qui ont manqué au Mouvement, depuis que les orientations opportunistes et liquidateurs ont pu dominer sur le mouvement et le pousser aux marais de la conciliation et du marchandage, ont pris de nouvelles dimensions et une grande dynamique qui a ébranlé même l’Etat major des “théoriciens” du marasme et de l’attentisme.

Mais cette dynamique ne pouvait surgir sans qu’elle s’accompagne des hésitations appelant à arrêter tout progrès vers la démarcation des vrais marxistes de ceux qui portent toujours le masque du « marxisme ».

Et c’est ainsi, après qu’on a posé à l’agenda des marxistes marocains la nécessité de préciser comment peut-on résoudre la crise et la dépasser pour préparer le terrain sur lequel on doit construire, plusieurs idées et initiatives se sont montrées.

Quelques unes sont allées jusqu’à désavouer tout l’héritage du mouvement et tous les fondements de la théorie marxiste-léniniste ; d’autres ont essayé (et ils essaient toujours) de renouveler la “théorie” de l’acceptation de la défaite et du marasme ; et d’autres ont posé certaines vues et idées qui méritent plus de précision et d’interaction.

Et dans le cadre de ce devenir, plusieurs camarades ont affirmé que la situation actuelle du mouvement nous invoque à plus de ténacité à la thèse léniniste disant : “clarté idéologique, fermeté de la pensée (théorie), c’est de quoi nous avons besoin dans ces conditions difficiles”, et cela par la défense des fondements du marxisme-léninisme et rétablir la pensée de la classe ouvrière sur le devant de la lutte contre toutes les lignes opportunistes en traitant les principales questions de la révolution marocaine pour qu’on puisse progresser vers la démonstration de la ligne marxiste-léniniste et montrer le vrai visage de ceux qui portent le masque du marxisme.

Et c’est ainsi qu’on a posé avec vivacité de déterminer les divergences, comme Lénine l’a dit dans son livre “Que faire ? ” : “Dans ces conditions, une erreur “sans importance” à première vue, peut entraîner les plus déplorables conséquences, et il faut être myope pour considérer comme inopportunes ou superflues les discussions de fraction et la délimitation rigoureuse des nuances. De la consolidation de telles “nuance” peut dépendre l’avenir de la social-démocratie russe de longues, très longues années.”

Et il est naturel, dans ces conditions que traverse le marxisme-léninisme chez nous, que la théorie se pose comme les premières questions qu’il faut préciser.

C’est-à-dire qu’il est nécessaire pour tous d’éclairer sa vue à la théorie pour pouvoir faire le départ d’un terrain clair et solide.

Dans ce devenir, la question s’est posée : est ce que la théorie est bornée dans ce qu’avaient dit ses précurseurs, ou c’est plus que ça ?

C’est-à-dire qu’en plus de ce qu’a apporté et produit ces précurseurs, c’est la lecture de la réalité concrète dans ses dimensions subjectif et objectif à travers les différents lois que ces précurseurs ont découvert et que les expériences des peuples ont enrichi.

Et précisément à partir des là que je vais essayer d’examiner le sens et les dessous de certains discours répandus par certains “marxistes”.

Si certains, sous le prétexte de fermer la voie au révisionnisme qui combat le dogmatisme et légitime la liberté de critique, se sont abaissés de la théorie révolutionnaire à de simples citations et textes seulement ; alors, les précurseurs du marxisme-léninisme eux-mêmes ont confirmé plus d’une fois que la théorie est, plus de ça, l’analyse concrète de la situation concrète, et dans notre cas c’est la situation de la lutte de classe dans notre pays et la situation de la révolution marocaine.

Cependant les divergences ne se limiteraient pas là, elles sont allées beaucoup plus loin, et elles sont devenues dépendantes de la réponse à cette question : qui sont ces précurseurs ?

Et pour qu’ont soit plus précis, la question que certains ont posé visait le dirigeant du prolétariat chinois.

C’est-à-dire: est ce qu’il faut se borner à Marx, Engels, et Lénine, considérés comme les principaux précurseurs de la théorie marxiste-léniniste ou faut-il ajouter Mao Tse Toung comme dirigeant du prolétariat mondiale ?

Or, aujourd’hui “tout le monde” sait dans quelles circonstances cette question a flotté sur la surface, c’est principalement la lutte contre le trotskisme, la lutte contre la révision de la ligne bolcheviste révolutionnaire.

Mais, les dessous de cette lutte sont devenus plus profondes aujourd’hui chez nous, surtout où sont apparues des gens qui disent qu’ils “adoptent” l’héritage du MMLM (des années 70) et attaquent Mao et tous ceux qui s’en référent pour résoudre les problèmes de la révolution marocaine.

Et là ; on pose la question : Peut-on parler de marxisme-léninisme aujourd’hui sans Mao Tse Toung ?

En tout cas, c’est une question à débattre par tous les militants qui ont le souci aux questions du peuple marocain.

Cependant, je vais essayer dans ce travail de me borner à la réponse à une autre question, que je crois serait le premier pas vers la réponse à la première question -pour ne pas tomber dans le piège de l’intellectuel académiste bourgeois- : N’y avait-il pas, comme disent ces messieurs, de présence de Mao dans l’expérience du MMLM ?

Est-il vrai, comme ils prétendent, que se référer à Mao à notre époque actuelle au sein des militants du MMLM serait une sorte de sectarisme ? Et est ce vraiment que l’orientation générale avec laquelle j’ai critiqué quelques thèses des nouveaux défenseurs de Trotski n’est pas juste ?

Même si j’étais surpris de ces questions et de ces “critiques” venus des tables de cafés -et franchement ma surprise n’était pas en son lieu-, mais, il y avait ce qui la justifiait.

Je ne croyais absolument pas qu’il y avait une telle ignorance et jusqu’à ce point concernant ce qu’a apporté l’expérience chinoise au marxisme-léninisme, ou au moins, je n’imaginais pas que l’ignorance des “défenseurs” de l’héritage de MMLM pouvait arriver jusqu’au point de méconnaître ce peu de cet héritage, ç-à-d qu’ils ignorent la dimension de la présence de Mao dans l’expérience du mouvement révolutionnaire marocain.

Et je parie qu’il y a ignorance de l’expérience -peut être j’ai tort- parce que s’il y avait connaissance de cette expérience, comme se vantent ces messieurs, alors ces “critiques” ne serait que de l’insolence ou quelque chose de pire ; c’est-à-dire escroquer, déformer, et falsifier l’histoire pour des objectifs qu’on peut connaître facilement si l’on voyait aux prédécesseurs de la falsification de l’histoire et la mémoire.

En tout cas, ce genre de lutte est naturelle vu la situation du mouvement et son histoire, aussi cette lutte est favorable à condition qu’elle soit positive, et qu’elle est pour objectif de mûrir les conditions de la lutte et ses bases, et pour plus de ténacité aux tâches révolutionnaires qui incombent aux marxistes léninistes marocains.

C’est pour ces tâches que se battait l’aile révolutionnaire au sein du MMLM.

Je crois que les militants fidèles aux sangs des martyrs de l’expérience ne devraient pas se traîner derrière des débats stériles qui ont pour but -en conscience ou non- d’empirer dans la crise -puisque, les débats de nos amis “critiques” sont parmi les aspects éclatants de la crise- de répondre à cela par des points de vue claires et une ligne de principe, et de mener une lutte acharnée contre l’abaissement dans le traitement des questions vitales du peuple marocain.

C’est l’une des principales questions de notre lutte sur le front idéologique.

En prenant conscience de ces introductions, je vais essayer de contribuer à démasquer les dessous de ces basses “critiques” , et enlever un peu de poussières de l’héritage du MMLM que des orientations opportunistes essaient d’enterrer et de déformer avec l’aide des ignorants et démagogues.

L’ignorance, comme l’a dit Plekhanov, suffit pour que des théories et courants politiques surgissent.

Je vais essayer, autant que possible, d’exposer les plus importants étapes qui ont marqué le processus du développement du MMLM, depuis son départ comme mouvement organisé à la fin des années soixante et le début des années soixante-dix en montrant le poids de Mao dans cette grande expérience de notre peuple, aussi je vais éclairer ce que j’avais dis sur les fautes commises par le mouvement -ou plus précisément par certaines fractions ou ailes- que j’avais expliqué par la non compréhension créatif des thèses du camarade Mao Tse Toung.

La thèse principale, sur laquelle ont émergé des organisations marxistes-léninistes au début des années soixante-dix, se concentrait sur la nécessité de fonder un parti révolutionnaire après que les masses populaires ont démontré des énergies révolutionnaires qui “se développent et grandissent en dépassant la ligne attentiste et réformiste des forces politiques bourgeois” (“Les masques sont tombés, ouvrant la voie révolutionnaire” ILAL AMAM)).

C’est la thèse qui a été développé à travers le concept de “l’Elan révolutionnaire” ; et le document “Stratégie de la révolution et stratégie de l’organisation”, sorti au Mai 1971 de l’organisation ILAL AMAM (En Avant) a donnée une limite extrême à ce concept sous forme de l’insurrection russe de 1905, ce qui exprimait l’embryonnaire du mouvement et la nature spontané au niveau de la ligne politique ; chose qui a été fortement et consciemment critiqué à travers le document du comité national du 20 Octobre 1972.

Mais avant, plus précisément à la fin de Septembre 1971, l’organisation a posé ce que l’on appelait “le front révolutionnaire populaire” ; ce qui a exprimé une fois encore l’un des aspects de spontanéité qui ont marqué la ligne politique et la pratique organisationnelle de l’organisation à cette époque.

Et c’est ce qui a formé les principaux erreurs que l’organisation a critiqué au début de 1972 après les luttes héroïques en Février/Mars de la même année.

Sur ce point, l’expérience révolutionnaire chinoise a formé l’une des principales sources qui ont aidé à développer la ligne politique de l’organisation ILAL AMAM en pensée et en pratique, où on lit dans le document “Dix mois de la lutte de l’organisation, critique et autocritique” : “Les grandes idées de la grande révolution en chine ont pu ressusciter et enrichir la théorie marxiste-léniniste qui a été embrouillé par le révisionnisme mondiale et son leader l’union soviétique, le pays de la révolution d’Octobre et le pays de Lénine, en la révisant et la déformant.

La révolution chinoise a de nouveau porté le glorieux drapeau de l’Internationale prolétarienne, de la dictature du prolétariat, et de la ligne de masses.

Et nous, marxistes-léninistes marocains, nous n’avons pas seulement rompus avec le révisionnisme local, mais aussi avec toute la ligne révisionniste mondiale, en même temps nous avons saisis le grand apport de la révolution culturelle et sa ligne de masse qui s’appuie sur la force créative des masses pour créer et diriger la révolution.

En se référant à son apport, les militants révolutionnaires, dans différents fronts du monde, ont pu s’apercevoir des traîtrises du révisionnisme et enlever les déformations et ambiguïté qui voilaient les grands principes du marxisme-léninisme. ”

C’est de cette manière que l’une des organisations marxistes-léninistes a critiqué l’expérience à cette phase des années 70-71.

Là, nous aimerons dire aux messieurs les “théoriciens” sur les tables de cafés, ou ceux qui les suivent et tous ceux qui leur ressemblent : Pouvez-vous niez cette forte présence politique de l’expérience chinoise dans la pensée du MMLM ?

Or, si l’autocritique, qu’a fait l’organisation ILAL AMAM sur sa pensée et sa pratique tout au long de l’expérience de deux années de travail révolutionnaire, a montré quelle présence de l’expérience chinoise dirigé par le camarade Mao ; alors la précision des présuppositions théoriques et politiques, et de la détermination des buts finales générales et les moyens pour y arriver, va nous montrer encore plus quelle présence de la pensée du camarade Mao au sein de l’expérience et quelle enfantillage et irresponsabilité qu’ont exprimé les vantards du sectarisme.

Le six Avril 1973, l’organisation publie le document intitulé : “La situation actuelle et les tâches urgentes du mouvement marxiste-léniniste”.

C’est le document qui a fondé et tracé la ligne idéologique et politique de l’organisation dans la deuxième phase de la lutte révolutionnaire jusqu’à la fin des années 70.

Dans son exposé des caractéristiques de la situation des classes au Maroc, l’organisation a analysé la nature du régime en place et la détermination de sa crise en affirmant que la bourgeoisie compradore forme son fondamental et principal pilier.

Et cette définition théorique de la nature de l’une des composantes des régimes politiques, c’est-à-dire bourgeoisie compradore, que nos amis “critiques” répètent comme un perroquet sans qu’ils prennent conscience que c’est l’un des apports théoriques du camarade Mao qui a enrichi le marxisme-léninisme comme l’expression théorique du mouvement prolétarien mondial.

Ce concept définissant la nature des bourgeoisie dans les pays dépendants n’a pas été découvert, ni par le camarade Marx,ni le camarade Engels, ni encore le camarade Lénine ; c’est le camarade Mao.

C’est Mao qui l’a découvert et l’a développé lors de la direction de la classe ouvrière et de la révolution chinoise.

Alors, les messieurs “critiques” ne se sont-ils pas posée la question que veut dire l’appui théorique du MMLM sur les apports de Mao Te Toung ?

Et que veut dire se baser sur les définitions théoriques du camarade Mao Tse Toung ?

Ou, vous n’êtes pas encore sortis du cercle des imbéciles bavards ?

L’appui du MMLM ne s’est pas arrêté à cette limite, mais le mouvement est allé beaucoup plus loin dans son inspiration de ce qu’a apporté l’expérience chinoise à la révolution socialiste mondiale pour déterminer la forme et l’orientation de la révolution marocaine.

C’est ainsi qu’on trouve dans le même document après que l’organisation ILAL AMAM crible de critiques l’aile blanquiste qui est apparu lors de cette période (mouvement 3 Mars) (Et là, on pose la question à ceux qui louent ce mouvement, quel est leur position au sein du MMLM ?

Sans doute, il serait au coeur de son pôle opportuniste) et analyse les conditions de son effondrement théorique, politique, et tactique, elle affirme que “ces conditions montrent irrévocablement la juste voie de la guerre populaire, la seule voie de la révolution dans notre pays, la voie de la construction de l’avant-garde prolétarienne, la construction du front des ouvriers et paysans pauvres, s’appuyant sur la lutte des paysans pour s’emparer des terres et liquider les nouveaux colonisateurs, la formation des premiers brigades de l’armée rouge sous formes de bases rouges mobiles pour éluder l’intervention rapide des forces de l’ennemi, l’expansion et approfondissement de la lutte des masses populaires dans les villes, en arrivant à la construction des premières zones libérées de la république des conseils des ouvriers et paysans, et l’expansion du front de la lutte dans la région au combat de la libération nationale au Sahara Occidental et la lutte du peuple mauritanien. “ (Le soulignement est à l’auteur de cet article).

Cette voie, que le MMLM a appelé à suivre, ne serait-elle pas l’un des apports de Mao ?

Les militants sauraient-ils la dimension de la présence de Mao dans cette expérience, et quelle ignorance minable de l’histoire qu’ont éprouvé nos amis “critiques” ?

Or, la présence de Mao dans la pensée et la pratique du MMLM est devenue plus forte que l’était lorsque des orientations opportunistes sont apparues au sein du mouvement, surtout celle exprimée par la direction droitiste de l’organisation 23 Mars (Je veux dire la direction du 23 Mars et non l’organisation 23 Mars qu’on connaît après par ceux qui entouraient le journal ANOUAL et deviendra “l’Organisation du travail démocratique populaire”) appelant à se retirer du terrain du combat et s’appuyer sur “la construction intérieure”.

Après les coups forts qu’ont subi les organisations révolutionnaires dans notre pays à cette époque, alors les marxistes ont posé sur leur agenda la nécessité de déterminer la façon de faire face à cette situation, surtout qu’elles (les organisations marxiste-léniniste) vont tous vers la construction du parti marxiste-léniniste, le parti dirigeant de la révolution.

L’organisation ILAL AMAM a posé le problème sous cette forme : “Comment peut-on construire la parti quand l’oppression de l’ennemi fasciste détruit les organisations révolutionnaires d’une moyenne à peu près égal à la moyenne de leur composition ? “.

Dans la réponse à cette question, deux principaux orientations (si je ne puisse dire trois) apparaissent ; un courant disant que la construction du parti doit se faire par un travail intérieur, en éloignant les organisations révolutionnaires loin des feux de l’ennemi, en recrutant et instruisant des groupes de cadres en dehors de la lutte des masses qui subit l’oppression,c’est-à-dire ” un courant qui s’appuie sur la construction du parti dans la paix”, c’est ce que la direction de l’organisation 23 Mars a adopté ; et un second proclamant la nécessité de la construction du parti sous les feux de l’ennemi, c’est ce que l’organisation ILAL AMAM a suit dans un document portant le même titre (Construisons le parti révolutionnaire sous les feux de l’ennemi), où elle a affirmé que “la formation d’une organisation marxiste-léniniste au coeur de la lutte des masses et sa pratique révolutionnaire est la seule voie nous permettant même devant les attaques de l’ennemi, de tracer une ligne politique juste qui formerais de nouveaux combattants et cadres révolutionnaires du milieu des masses.”

Vue les conditions de l’oppression sanguinaire que le mouvement a subi, il était obligatoire d’organiser le recul avec précision ; ainsi l’organisation se référait-elle à ce que Lénine a écris dans son livre “le Gauchisme, maladie infantile du communisme” : “La science de l’attaque doit s’accomplir par une autre science : Le Savoir de la façon du recul”, ç-à-d, la science de l’organisation du recul.

Alors, comment l’organisation a-t-elle organisé cette opération du recul ?

Si la direction droitiste du 23 Mars (73-74) a reconnu que “le régime a dépassé sa crise interne” pour conclure à la nécessité d’appel à se retirer du mouvement des masses et de toutes les organisation des masses (Union National des Etudiants du Maroc, Union Marocain du Travail…) et se borner à l’éducation des cadres dans des cercles clandestins fermés, et isolés du mouvement et de la lutte des masses ; alors l’organisation ILAL AMAM et le courant révolutionnaire au sein de l’organisation 23 Mars ont pris une voie tout à fait différente.

Et c’est ainsi que ILAL AMAM a considéré que “la crise du régime compradore” ne cesse de s’approfondir jour après jour, elle a conclue à la nécessité d’organiser le recul au milieu des masses et au coeur de leur lutte.

A cette phase encore, la présence de la pensée du dirigeant du prolétariat chinoise se renforce aux plus lointains limites, et c’est à cela que l’organisation fera appel lors de la publication du document “Construisons le parti révolutionnaire sous les feux de l’ennemi”, vue que c’est le camarade Mao Tse Toung qui a établi et enrichi les principes du recul dans son livre “-Questions de la stratégie dans la guerre révolutionnaire chinoise- et il est obligatoire d’étudier le cinquième chapitre concernant ces questions portant le titre la Défense Stratégique en pensant à pratiquer ces principes sur toutes les étapes de notre lutte.

Tout cela nous pose l’importance de l’étude de la science de la défense stratégique de Mao Tse Toung” (“Construisant le parti révolutionnaire sous les feux de l’ennemi”).

Alors nos amis “critiques” qu’ils voient à toute cette clarté de la présence de la pensée de Mao dans l’expérience du MMLM.

Est-ce vraiment que les militants qui s’en référent aujourd’hui aspirent au “sectarisme” ou ce sont nos amis “critiques” et tous ceux qui leur ressemblent qui aspirent à la falsification de l’histoire et à aider le révisionnisme à enterrer l’héritage du MMLM ?

Quelque soit, l’organisation ILAL AMAM ne se bornera pas à l’appel de penser à pratiquer les principes de la science de la défense stratégique que Mao a formulé, mais elle va l’étudier et déterminer l’opération de l’organisation du recul à la base de ses principes.

Et c’est ce qui formé le contenu du document “Vers la préparation des conditions de la direction de la lutte défensive du mouvement des masses” datant d’Octobre 1973, le document qui montre le degré de la tension de la lutte entre les ailes du mouvement marxiste-léniniste.

Ce document a affirmé que le caractère spontané du mouvement des masses incombe aux révolutionnaires des obligations pour le dépasser.

Et la réponse était ainsi (que certains y voient bien), “qu’on détermine avant tout quelle voie nous mènerons, c’est la voie de condenser les humbles moyens par étape pour s’acquérir des positions stables nous permettant d’organiser et diriger le mouvement des masses pour le faire sortir de sa spontanéité tant que possible ; et ce, pour nous nous différencier dès le début de ceux qui ont choisi, de leur gré, la voie des marais de travail interne, en s’isolant dans des cercles fermés, gonflés de bavardage interne à la marge du mouvement des masses.

C’est le dépassement du développement spontané qui doit déterminer nos tâches, ce qui garantie au mouvement des masses un développement croissant et organisé, et changer les rapports de force progressivement pour ce développement, ç-à-d, ce qui développera et déterminera l’émergence de l’outil révolutionnaire d’avant-garde.

C’est dans ce long et pénible travail que se cristallise et se fonde l’avant-garde prolétarienne.

Vers ces obligations où doit aller nos analyses et tâches et non à théoriser l’isolement du mouvement marxiste-léniniste, le retirer du champ de bataille et le mettre au banc des classes perdues en réduisant nos tâches combatifs à une simple instruction des cadres, et limiter la tâche de la construction du parti révolutionnaire prolétarien à l’opération de cultiver un groupe d’ouvriers supposés avancés (en débattant, bien sûr, puisque nous sommes dans le cadre d’un plan de recul et de retrait des luttes des masses).

Cette théorisation droitiste plein d’esprit hautain chez l’intellectuel petit bourgeois que nous présente la publication “23 Mars” des tâches du mouvement marxiste dans notre situation actuelle (soit que le mouvement des masses milite selon ses désirs, sinon c’est un renégat de droite), ne peut que laisser le mouvement des masses dans sa spontanéité, loin du développement, de l’influence, et de l’efficacité du mouvement marxiste-léniniste considéré comme le seul candidat pour jouer le rôle d’avant-garde dans l’organisation et la mobilisation des énergies de la lutte révolutionnaire du mouvement de masses, sanctifier sa marginalité, et l’exposer à la menace de donner un nouveau souffle aux politiciens bourgeois qui s’isolent de plus en plus du mouvement de masses.

Alors, qui est ce qui va derrière la spontanéité du mouvement des masses, ceux qui posent des tâches de luttes concrètes pour la dépasser au milieu de la lutte des masses ; ou ceux qui contentent de la dénonciation idéologique abstraite dans des cercles fermés, appelés les cercles de formation de cadres ? ” (Document de l’organisation ILAL AMAM “Vers la préparation des conditions de direction de la lutte défensive des masses”).

C’est la même chose qu’a confirmé aussi l’aile révolutionnaire au sein de l’organisation “23 Mars” en disant : “Le parti révolutionnaire n’est pas un parti blanquiste qui se fonde en dehors et en marge d’elles (les masses).

Le parti révolutionnaire joue le rôle du dirigeant comme détachement d’avant-garde au coeur du mouvement des masses et principalement avec sa participation, qui travaille à mûrir la classe et les masses pour qu’elles se libèrent par eux-mêmes et à leur intérêt premièrement et dernièrement.

Pour jouer ce rôle avec efficacité et justesse, le parti révolutionnaire combatte les penchants de spontanéité et d’élitisme.

Cette lutte s’appuie sur le principe du dirigeant en relation avec les masses, c’est la “ligne des masses”, et “s’instruire des masses”…” (Le rapport d’orientation de l’organisation de “23 Mars”, page 83-84. Les amis “critiques” démagogues connaissent-ils ce que veut dire “la ligne des masses” et sa relation avec Mao Tse Toung et l’expérience révolutionnaire chinoise ?

C’est Mao, encore une fois, qui développé cette orientation lors de sa direction du parti révolutionnaire chinois.)

Ainsi maintenant tous les militants jaloux de l’expérience du MMLM peuvent connaître la dimension de la présence de la pensée Mao Tse Toung dans le dessein de la tactique politique mené par l’aile révolutionnaire au sein du MMLM lors de cette époque.

C’est sur la base de la science du recul stratégique qu’on affronté l’aile opportuniste de la direction du “23 Mars”, et à la base des principes de cette science, que nos amis “critiques” et tous ceux qui leur ressemblent n’en savent rien, on a fondé l’orientation de la lutte révolutionnaire pour construire le parti prolétarien marocain.

Pour cela, je vais essayer de finir cet essai primaire et bref pour démasquer ces démagogues qui se prennent pour des connaisseurs de l’histoire du mouvement, et en vérité, ils n’en savent rien même sur son présent, par le traitement de la phase 74-75 ou plus précisément le débat interne et les tâches que le MMLM a souligné lors de cette période.

Dans ce point, je vais m’appuyer sur le débat de l’organisation ILAL AMAM avec une troisième fraction au sein du mouvement.

Tout au long de cette phase de la lutte du MMLM, la tâche de la construction du parti révolutionnaire marocain était la tâche essentielle qui a déterminé toutes les autres tâches sans exception.

Et naturellement, cette question serait d’une plus grande importance dans l’unification et la lutte entre les fractions du mouvement.

Comme j’ai essayé de montrer la dimension de la présence de la pensée de Mao, soit lors de la première phase de la lutte révolutionnaire dans le mouvement des masses, soit lors de la lutte entre ses ailes ; aussi, la dimension de sa présence (Mao) sera-t-elle plus forte encore lors des premiers pas vers l’unification.

Alors, qui sont les thèses qui ont formé les points centraux de l’opération de la construction du parti révolutionnaire et la construction de l’union entre les fractions du mouvement ?

Est ce que ces thèses sont elles appuyées sur Mao ou s’en sont éloignées comme le prétendent les démagogues maintenant et tous ceux qui l’entourent ?

La base du débat sur la détermination de la voie de la construction de l’union et la construction du parti révolutionnaire se formait de trois points :

1.Théorie de la construction du parti ;
2.Front révolutionnaire uni ;
3.Théorie de la violence révolutionnaire.
1-Sur la théorie de la construction du parti :

Cette théorie a été formée lors de la lutte contre les forces réformistes et l’aile opportuniste au sein du mouvement où les fractions du mouvement se sont mises d’accord pour affronter l’orientation opportuniste en se liant à la lutte révolutionnaire des masses pour construire le parti révolutionnaire marocain, ce qui a été exprimé dans le document “Pour une ligne marxiste-léniniste du parti prolétarien marocain” (C’est une base d’un débat entre les deux organisations ILAL AMAM et Servons le peuple) où on lit : “Cet important accord entre nous sur le refus de “la théorie des cadres et la construction du parti dans la paix (ou comme les camarades l’appellent “la ligne interne”, et l’on adopte cette expression d’un des côtés) et la ténacité à la tâche de la construction du parti comme tâche de combat ardu à travers la lutte révolutionnaire des masses et sous les feux de l’ennemi, un parti combattant puisant dans la ligne des masses, cet accord est un acquis précieux. ”

Dans ce contexte, l’organisation a affirmé que la tâche de la construction du parti révolutionnaire ne s’arrête pas à une simple construction d’un noyau prolétarien, mais englobe la tâche de la construction de l’alliance ouvrière paysannerie, ces deux tâches forment une seule opération. Aussi, rendre ce noyau solide et renforcé ne peut se concevoir en dehors de cette alliance. ”

Ce qui a poussé l’organisation ILAL AMAM à affirmer que la construction du parti révolutionnaire prolétarien, et la construction de l’alliance ouvrière paysannerie est une seule marche.

Cette façon de considérer l’opération de la construction du parti est puisée principalement des apports de Mao, ce qui a poussé l’organisation à fixer ses efforts au sein des paysans dans le but de créer des points d’appui (et c’est aussi l’un des principaux apports de la révolution chinoise).

Mais, l’organisation, lors de cette époque, a insisté sur la nécessité de construire un noyau prolétarien, ce qui veut dire nécessité de définir l’identité de classe du MMLM ; pour cela, l’intérêt premier consistait en la détermination d’une politique juste de la formation des cadres puisqu’elle est tâche centrale.

Alors, le mouvement a-t-il répondu à ce défi surtout que la tendance droitiste au sein de l’organisation 23 Mars est apparue sur la base d’une conception opportuniste et élitiste ?

Le mouvement a répondu sous cette forme, que les camarades y voient bien pour connaître ceux qui représentent l’extension idéologique et politique de l’aile révolutionnaire de ceux qui forment réellement l’extension de son aile opportuniste : “…et nous croyons que l’important premièrement avant toute chose est l’origine de classe, c’est pour cela que la tâche de formation et d’éducation des cadres prolétaires des ouvriers et des paysans, d’ouvrir devant eux les premières occasions de professionnalisation révolutionnaire et l’instruction théorique, et de renforcer leur rôle au sein de notre mouvement marxiste-léniniste, est une tâche centrale dans la construction d’une condition objectif solide pour une ligne juste et diriger les masses. …

Nous devons donc, former des cadres prolétaires solides issus des masses laborieuses, de la jeunesse révolutionnaire issue d’une origine ouvrière ou paysanne, des cadres combattants premièrement et non des cadres acharnés à apprendre par coeur les leçons théoriques données par “des professeurs” à la façon de la publication du 23 Mars.

Ces cadres s’incorporent aux plus solides intellectuels révolutionnaires ; et s’arment, non seulement “d’une formation idéologique générale” et “une ligne politique générale”, mais comprennent l’essence créative du marxisme-léninisme et des apports du camarade Mao Tse Toung (le soulignement est à l’auteur de ces lignes), et assimilent la ligne politique déterminante de la révolution marocaine.

Cette assimilation dialectique et vivante de la théorie de Marx, Engels, Lénine, et Mao Tse Toung (soulignement est à l’auteur) est décisif dans la formation des cadres à condition de bien l’utiliser dans l’analyse de la situation concrète” (« Pour une ligne marxiste-léniniste d’un parti prolétarien marocain »).

C’est ainsi que l’une des fractions du mouvement ont défini leur position sur la politique des cadres.

Alors, est ce que les camarades qui réaffirment aujourd’hui la nécessité d’aller sur la même voie que ZEROUAL, REHAL, HAMAMA, SAIDA…ont tracé, aspirent-ils vraiment au “sectarisme” ou bien que ceux qui attaquent Mao “veulent devenir” des renégats et trahir le sang des martyrs ? 2-Le Front révolutionnaire uni

Que le MMLM pose le F.R.U. résulte, aussi, de la forte présence de Mao dans la ligne politique du mouvement.

C’est Mao Tse Toung qui a formulé cette thèse lors du processus de la révolution chinoise, et que le mouvement a adopté avec force et conscience, où affirme-t-il que “la nature du régime de classe dominant dans notre pays fait de la révolution, qui y fermente, une révolution nationale démocratique populaire, vise la solution de la contradiction principale entre les classes compradores au pouvoir qui englobent les grands propriétaires, la bourgeoisie compradore, à leur tête la monarchie et son maître l’impérialisme, d’une part ; et le peuple avec ses classes nationales, de l’autre part.

Le peuple, à notre époque actuelle, se compose des classes suivantes : le prolétariat, les paysans, semi-prolétariat, la petite bourgeoisie, la bourgeoisie moyenne nationale.”

Et “pour parvenir à la victoire de la révolution nationale démocratique populaire, le prolétariat doit construire l’alliance élargie entre les classes nationales ayant intérêt dans cette révolution pour isoler le principal ennemi et concentrer tous les efforts pour le renverser. ” (Ibidem)

“Quant à l’outil politique et organisationnelle de l’alliance des classes nationales et tous les éléments ennemis de la domination compradore impérialisme, c’est le front nationale démocratique populaire ou le front révolutionnaire uni” (Ibidem) confirmant que “cette alliance, dans la situation concrète de notre pays, va se construire principalement entre les classes nationales comme classes, et non à travers les partis bourgeois actuels parce que ces partis vont vers la réduction de leur influence de masse et politique, même au sein de leurs classes et se transforment progressivement de partis de masses représentant leurs classes politiquement et organisationnelle ment à des groupements de politiciens professionnels” (Ibidem)

3-La Violence révolutionnaire

Et sur la même voie, toutes les fractions du MMLM reconnaissent la nécessité de la guerre populaire prolongée comme forme de la pratique de la violence révolutionnaire de masse.

“La forme de la guerre de libération révolutionnaire comme l’une des formes de la violence révolutionnaire de masse, qui est une guerre de paysannerie dirigée par le prolétariat et son parti d’avant-garde, les paysans sont ses forces principales, elle n’a pas pour but de s’emparer du pouvoir en une seule fois sur tout le pays, mais elle y arrive progressivement et par étape, non par un seul coup, mais par une longue lutte où change les rapports de forces progressivement, et cumuler les facteurs de victoire finale par étape, dans les conditions d’une attaque impérialiste réactionnaire générale.

Cette forme a été développé et enrichi par les luttes des peuples opprimés dans les pays coloniales et semi coloniales (et notre pays en fait partie), et les modèles les plus marqués étaient : les révolutions chinoises, vietnamiennes, et coréennes.

C’est le camarade Mao Tse Toung qui a formulé la théorie de la guerre du peuple (le soulignement est à l’auteur de ce texte), les camarades vietnamiens l’ont enrichi d’une façon particulière, et elle s’enrichi davantage par de nouvelles expériences.

Ces caractéristiques répondent aux conditions concrètes de notre pays et nous oblige à opter pour la guerre de libération populaire comme voie de la révolution.”(Ibidem)

Toutes les fractions du MMLM l’ont affirmé, où on trouve aussi l’organisation 23 Mars dans son rapport d’orientation, sur le chapitre concernant la violence révolutionnaire reconnaît que “dans notre pays où l’impérialisme domine principalement en alliance avec la classe au pouvoir que les nouveaux colonisateurs forment ses piliers, où une faible centralisation de la classe ouvrière, et où les paysans opprimés forment les masses les plus larges de la révolution et le plus solide allié de la classe ouvrière ; qui sans leur participation dans la révolution armée, les forces impérialistes et ses alliées peuvent encercler, isoler, et liquider toute insurrection armée dans les villes.

Dans ces conditions, la forme stratégique de la violence révolutionnaire au Maroc sera la ligne de la guerre populaire à longue durée. ” ( “L’organisation 23 Mars, Rapport d’orientation, page 109”)

Et maintenant, de quoi nos “hollywoodiens” vont-ils se vanter cette fois pour attaquer Mao ? Est-ce qu’il est devenu claire en quel ignorance et pourriture nos amis “critiques” excellent ?

Et quelle malhonnêteté ont-ils exprimé quand il parle d’histoire ?

Alors, comment doit on faire face à ces gens là ?

Est-ce qu’il suffit de les démasquer et les isoler ?

Certainement non, ce qui importe maintenant, après avoir enlever un peu de poussière sur quelques aspects de la question, est de poser l’expérience révolutionnaire chinoise au débat, aussi de poser l’expérience révolutionnaire du MMLM à un débat concentré, honnête, et responsable pour que tous les militants puissent déterminer à quel camp ils doivent aller, est ce le camp de la révolution et ce qu’elle nécessite d’effort, de clarté et de sacrifice ou le camp des ennemis de la révolution appelant à embrouiller les postions et créer la confusion dans les rangs militants honnêtes ?

Et tout cas, le cours des circonstances actuelles vont obliger, sans doute, chaque militant de choisir et déterminer de quel camp il va se battre.

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