9 septembre 2006

Aux camarades participants et participantes à la conférence international organisée par le MPP à Hambourg;
L’importance de la GRCP dans la formation du Mouvement Communiste au Maroc et son rôle pour résoudre sa crise

Les masses sont la lumière même du monde… Elles sont la fibre, la palpitation inépuisable de l’histoire…
Quand elles parlent tout tremble, l’ordre chancelle, les cimes les plus hautes s’abaissent, les étoiles prennent une autre direction, parce que les masses font et peuvent tout.
(Gonzalo)

Quarante années ont passé depuis le début de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, et les communistes, aujourd’hui, fêtent la plus grande levée des masses populaires dans l’histoire de l’humanité et qui a ébranlé le monde à ses quatre coins, non pour le seul but de la célébration, mais principalement pour tirer les leçons indispensables pour avancer dans la lutte contre le vieux monde et construire un nouveau où disparaîtront les classes.

La GRCP revêt une importance historique dans le développement de la révolution prolétarienne mondiale.

La direction du président Mao de la révolution chinoise a pu assimiler et synthétisé les expériences des révolutions mondiales pour consolider la dictature du prolétariat, étape nécessaire dans le processus révolutionnaire qui nous mènera au communisme.

Et ceci dans une lutte acharnée entre les deux lignes au sein même du parti, la lutte entre la ligne noire des défenseurs du vieux monde qui veulent restaurer le capitalisme, et la ligne rouge incarnée par la direction du président Mao.

La révolution culturelle est une lutte contre le révisionnisme mondiale au sein du mouvement communiste international, principalement le révisionnisme soviétique qui a restauré le capitalisme dans le pays de Lénine et Staline, ce qui a donné un nouveau élan à la révolution prolétarienne mondial.

C’est dans cette lutte que s’est forgé la théorie marxiste-léniniste, et s’est enrichi grâce aux apports du président Mao.

Le maoïsme est la synthèse de l’expérience révolutionnaire de l’humanité dans sa quête vers la destruction des rapports d’exploitation et d’oppression. On ne peut s’en passer aujourd’hui dans notre lutte immédiate.

La GRCP a montré et mis en avant la grande thèse du président Mao: “Le peuple, le peuple seul, est la force motrice, le créateur de l’histoire universelle”.

Au contraire des sociétés capitalistes et les pays semi féodaux et semi coloniaux, où la bourgeoisie scandent “démocratie”, “liberté d’expression” et autres slogans démagogiques tout en privant les exploités de tous les moyens pour exercer ces “droits”, et elle (bourgeoisie) n’hésite pas de verser le sang des opprimés dans le cas où le peuple résiste et menace son hégémonie, la même chose pour les opportunistes, les représentants de la bourgeoisie qui crient à la paix à chaque fois que le peuple se soulève contre ses oppresseurs.

Dans la GRCP, les masses populaires se sont levées contre les cadres et dirigeants qui suivent la voie capitaliste, tout en ayant les moyens pour exercer le pouvoir, en fondant les communes populaires, en se mêlant dans le affaires de l’Etat, en participant aux débats et discussions des questions qui déterminent le destin de la révolution… on peut bien se souvenir des “grands journaux avec gros caractères” où on peut critiquer n’importe quel dirigeant.

Les révolutionnaires authentiques n’ont jamais peur de la levée masses populaires et de l’autocritique. En pratiquant la ligne de masse ainsi conçue par le président Mao, la direction révolutionnaire de la GRCP a pu balayer tous le tas d’ordures du vieux monde.

Aujourd’hui, nos communistes, nous devons continuer la lutte contre le vieux monde et ses représentants au sein même du Mouvement Communiste International, nous devons pratiquer la lutte idéologique positive, et la critique et autocritique, car par ce moyen qu’on peut construire l’unité des communistes au niveau international, et la forger.

C’est ainsi qu’on l’a vu dans la GRCP, la critique et l’autocritique sont devenues si courantes, les authentiques communistes n’ont plus honte de faire l’autocritique devant les masses, et de démontrer par la pratique qu’on a effectivement dépassé les erreurs.

La GRCP a ébranlé les coins les plus lointains du monde entier, y compris le Maroc.

Dans les années soixante dix, des groupes marxistes-léninistes ont vu le jour au Maroc en s’appuyant sur l’expérience de la révolution chinoise, et ils ont rompu avec la ligne révisionniste et réformiste qui dominaient sur le mouvement de libération nationale.

C’est ce qu’on a appelé chez nous le Mouvement Marxiste Léniniste Marocain (MMLM).

Ces groupes étaient ILA AMAM (En Avant) fondé par des militants sortis du Parti de Libération et Socialisme (c’est le nouveau nom du “parti communiste marocain”, et après il deviendra le “parti du progrès et socialisme” qui participent aujourd’hui au gouvernement fantoche) valet du social-impérialisme soviétique, d’ailleurs on peut lire dans le document “Dix mois de la lutte de l’organisation, critique et autocritique, 29 Novembre 1972” : “Les grandes idées de la grande révolution en chine ont pu ressusciter et enrichir la théorie marxiste-léniniste qui a été embrouillé par le révisionnisme mondiale et son leader l’union soviétique, le pays de la révolution d’Octobre et le pays de Lénine, en la révisant et la déformant.

La révolution chinoise a de nouveau porté le glorieux drapeau de l’Internationale prolétarienne, de la dictature du prolétariat, et de la ligne de masses.

Et nous, marxistes-léninistes marocains, nous n’avons pas seulement rompus avec le révisionnisme local, mais aussi avec toute la ligne révisionniste mondiale, en même temps nous avons saisis le grand apport de la révolution culturelle et sa ligne de masse qui s’appuie sur la force créative des masses pour créer et diriger la révolution.

En se référant à son apport, les militants révolutionnaires, dans différents fronts du monde, ont pu s’apercevoir des traîtrises du révisionnisme et enlever les déformations et ambiguïté qui voilaient les grands principes du marxisme-léninisme.”

Dans la construction de la ligne politique de la révolution marocaine, la révolution chinoise et les concepts théoriques élaborés par le président Mao étaient les principales sources dans lesquelles l’organisation ILA AMAM a puisées.

Ainsi, cette organisation a affirmé que la guerre populaire est “la seule voie de la révolution dans notre pays, la voie de la construction de l’avant-garde prolétarienne, la construction du front des ouvriers et paysans pauvres, s’appuyant sur la lutte des paysans pour s’emparer des terres et liquider les nouveaux colonisateurs, la formation des premiers brigades de l’armée rouge sous formes de bases rouges mobiles pour éluder l’intervention rapide des forces de l’ennemi, l’expansion et approfondissement de la lutte des masses populaires dans les villes, en arrivant à la construction des premières zones libérées de la république des conseils des ouvriers et paysans…” (ILA AMAM, La situation actuelle et les tâches urgentes du mouvement marxiste-léniniste).

Et même, lors de la lutte idéologique acharnée contre l’aile de droite, représentée par la direction de l’organisation “23 Mars” qui déclarait et appelait à retirer les militants marxistes du mouvement de masse après les coups très durs du régime fasciste, et contre les blanquistes du “3 Mars” (organisation armé dépendante de l’UNFP) qui voulait mener la lutte armée loin des masses populaires et s’emparer du pouvoir à travers des complots, ILA AMAM s’est référée aux grandes thèses du président Mao en affirmant que “la formation d’une organisation marxiste-léniniste au coeur de la lutte des masses et sa pratique révolutionnaire est la seule voie nous permettant même devant les attaques de l’ennemi, de tracer une ligne politique juste qui formerais de nouveaux combattants et cadres révolutionnaires du milieu des masses” (ILAL AMAM, construisant le parti révolutionnaire sous les feus de l’ennemi, été 1973), parce justement ce sont les masses qui créent l’histoire et non la volonté des héros.

Sur d’autres questions encore, on constate la forte présence de l’expérience chinoise, ainsi par exemple et dans le même contexte de la lutte contre la ligne opportuniste de la direction du “23 Mars”, cette fois au sujet de l’organisation de recul des forces révolutionnaires face aux attaques de l’ennemi, en précisant dans un document daté d’Octobre 1973 quelle voie les révolutionnaires doivent suivre dans ces conditions, “la voie de condenser les humbles moyens par étape pour s’acquérir des positions stables nous permettant d’organiser et diriger le mouvement des masses pour le faire sortir de sa spontanéité tant que possible ; et ce, pour nous nous différencier dès le début de ceux qui ont choisi, de leur gré, la voie des marais de travail interne, en s’isolant dans des cercles fermés, gonflés de bavardage interne à la marge du mouvement des masses. C’est le dépassement du développement spontané qui doit déterminer nos tâches, ce qui garantie au mouvement des masses un développement croissant et organisé, et changer les rapports de force progressivement pour ce développement, c’est à dire, ce qui développera et déterminera l’émergence de l’outil révolutionnaire d’avant-garde…

Vers ces obligations où doit aller nos analyses et tâches et non à théoriser l’isolement du mouvement marxiste-léniniste, le retirer du champ de bataille et le mettre au banc des classes perdues en réduisant nos tâches combatifs à une simple instruction des cadres, et limiter la tâche de la construction du parti révolutionnaire prolétarien à l’opération de cultiver un groupe d’ouvriers supposés avancés (en débattant, bien sûr, puisque nous sommes dans le cadre d’un plan de recul et de retrait des luttes des masses).” (ILAL AMAM, Vers la préparation des conditions de la direction de la lutte défensive du mouvement de masse).

“23 Mars” a été fondée essentiellement par des militants de l’UNFP (Union National des Forces Populaires) du martyr Mehdi Ben Berka et même si une ligne de droite a pu dominer dans cette organisation, son aile révolutionnaire a rejoint les thèses de la révolution chinoise, on peut bien le constater dans sa conception de la construction du parti révolutionnaire quand elle affirme que “Le parti révolutionnaire n’est pas un parti blanquiste qui se fonde en dehors et en marge d’elles (les masses). Le parti révolutionnaire joue le rôle du dirigeant comme détachement d’avant-garde au coeur du mouvement des masses et principalement avec sa participation, qui travaille à mûrir la classe et les masses pour qu’elles se libèrent par eux-mêmes et à leur intérêt premièrement et dernièrement.

Pour jouer ce rôle avec efficacité et justesse, le parti révolutionnaire combatte les penchants de spontanéité et d’élitisme.

Cette lutte s’appuie sur le principe du dirigeant en relation avec les masses, c’est la “ligne des masses”, et “s’instruire des masses”…” (Le rapport d’orientation de l’organisation “23 Mars”, page 83-84).

“Servir le Peuple” est un groupe qui a fait la tentative de déclencher la lutte armée, mais il a échoué.

L’échec du MMLM n’est qu’un détour temporaire dans la lutte du peuple marocain.

Dès 1979, la principale organisation ILA AMAM s’est déviée de la ligne révolutionnaire en rejetant tout la théorie et principes sur lesquelles s’est érigé le mouvement, ses militants vont fonder en 1996 “la Voie démocratique”.

La même chose pour ce qui concerne “23 Mars”.

Cet échec du MMLM est dû principalement à la non compréhension des thèses théoriques de la révolution chinoise et ainsi son application créative sur la réalité marocaine.

Aujourd’hui, l’une des principales tâches qu’incombe aux communistes marocains est d’étudier cette expérience du peuple marocain et en tirer les leçons essentielles pour résoudre les questions de la lutte de classe au Maroc, et ainsi donner un nouvel élan au Mouvement Communiste au Maroc.

Aujourd’hui, les thèses qui ont émergé au sein de la GRCP conservent toute leurs actualité, et même elles sont devenues des vérités universelles que les communistes ne peuvent pas éviter dans leur lutte immédiate pour résoudre les questions de la révolution dans chaque pays, ou au niveau international, c’est-à-dire pour construire l’union du mouvement communiste international et l’union de la classe ouvrière.

Ici au Maroc, les masses populaires expriment de jour en jour leur besoin à la révolution qui mettra fin au régime fasciste laquais de l’impérialisme.

On ne peut citer en quelques lignes toutes les batailles héroïques que le peuple marocain a mené surtout ces deux dernières années (la plupart des militants ne maîtrisent pas les langues étrangères, sinon vous saurez de l’actualité des luttes du mouvement de masse) montrant la démagogie des slogans du régime tels “démocratie”, “droit de l’homme”… dévoilant aussi la vérité sur “l’Instance d’Equité et Réconciliation” et le vrai visages des traîtres et opportunistes.

A El Hoceima, une ville au nord du Maroc sur le Rif connu par la résistance héroïque d’Abdel Karim El Khattabi, a été frappé par un séisme, et a connu un grand mouvement de masse qui a mobilisé tous les habitants des zones ruraux et qui a été réprimé.

A Sidi Ifni, la lutte du peuple de cette ville du sud continue encore, les masses populaires sont allées jusqu’à l’affrontement avec les forces d’oppression les obligeant de se retirer vaincu (une des épisodes de ces affrontements est filmée) et dépassant les forces politiques bourgeoises qui appellent à la lutte civilisées et pacifique.

A Aït Ourir (la on a vu l’hélicoptère intervenir pour réprimer les paysans de ce village), à Tata, Talsinte, Hawara…

Des ouvriers des mines d’Imni à Ouarzazate ont été condamnés à dix ans de prison (6 ouvriers) suite à des affrontements avec des milices de la bureaucratie syndicale et de l’Etat pour ne citer que cet exemple en ce qui concerne le mouvement ouvrier… Le mouvement étudiant a été lui aussi cible de l’attaque de l’Etat fasciste, un militant de l’Union National des Etudiants du Maroc (UNEM) est toujours incarcéré dans la prison d’Oujda après une condamnation de trois ans, il y a eu aussi une très large vague d’arrestations et de poursuites dans la grève des étudiants de Marrakech.

Tout dernièrement, le militant syndical Mostapha Laaraj a été tué dans une manifestation à Rabat.

Dans cette ville, la capitale, on s’est accoutumé à la répression quasi quotidienne des manifs, sit-in, surtout celle du mouvement des chômeurs…

Mais, ce grand essor du mouvement des masses et ces sacrifices dans leurs résistances devant les plans de l’ennemi de classe montrent aussi l’arriération des communistes du Maroc, une arriération face aux devoirs de tout communiste envers les masses populaires.

Ce qui nécessite une lutte idéologique pour établir la ligne politique de la révolution marocaine.

Ici, les thèses de la GRCP joue un rôle très important dans le processus de construire une ligne de masse appropriée aux conditions concrètes du Maroc; et la GRCP nous a enseigné aussi sur la nécessité de lutter contre l’opportunisme au sein du mouvement de masse, qui constitue l’un des obstacles majeurs au développement de la lutte des masses populaires.

Nous savons bien qu’on ne peut avoir la ligne idéologique et politique d’un seul coup, et cent pour cent juste dès le début, c’est un processus où on devrait lutter surtout contre l’ambiguïté théorique qui règne au sein des rangs du mouvement communiste du Maroc, et où on devrait s’appuyer sur l’expérience du mouvement communiste international – et la GRCP est l’une des brillantes épisodes de l’histoire du MCI qui nous éclairera le chemin. Certains pourraient dire que l’expérience maoïste a échoué après le renversement de la dictature de prolétariat en Chine, ce n’est qu’un détour, et cet échec temporaire démontre et vérifie par la pratique concrète la justesse des thèses du maoïsme.

Il s’agit aujourd’hui de porter à nouveau le drapeau, car on peut arracher une fleur, mais on ne peut arrêter la marche du printemps. Communistes du Maroc.
09/09/2006

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