De 1972 à 1982, une singulière rencontre entre de jeunes militants maoïstes libanais et des cadres palestiniens du Fatah va peu à peu aboutir à une expérience à la fois intellectuelle et militante – la Brigade étudiante du Fatah – dont l’aboutissement progressif ne sera rien moins que le passage définitif à l’islam politique dans la continuité de la Révolution iranienne de 1979. La mort d’un Khalil Akkaoui, à Tripoli, symbolisera les espoirs et les échecs de membres d’une génération politique aujourd’hui dispersée. Adeptes de la ” ligne de masse ” maoïste, partis faire de l’implantation populaire dans les quartiers pauvres de Beyrouth et dans les camps de réfugiés palestiniens, ceux que l’on nommera les ” Maos du Fatah ” permettent rétrospectivement de mieux comprendre les traits de continuité, d’hier à aujourd’hui, entre l’islam politique et le tiers-mondisme marxiste ou nationaliste : mystique du peuple en lutte, événementialité révolutionnaire messianique, théologie de la libération en filigrane, centralité de la question nationale et identitaire composent une véritable ” idéologie implicite ” commune, en forme ” d’affinité électives “.

Nicolas Dot-Pouillard

Cahiers de l’Institut Religioscope

Numéro 2

Décembre 2008

http://www.religion.info/pdf/2008_12_Dot.pdf

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