Ali Chariati, ou Ali Shariati (en persan : علی شريعتی) est un sociologue, philosophe et un militant politique iranien né près de Sabzevar le 23 novembre 1933 et est assassiné à Southampton le 19 juin 1977 pour son rôle prééminent dans l’éveil des consciences qui a précédé la Révolution iranienne. Il est surtout connu pour ses études sociologiques sur les religions.

Biographie

  • 1933 : Naissance à Mazinan au      nord-est de l’Iran.
  • 1948 : Devient membre du Centre de la Propagation des Vérités      islamiques fondé par      son père Mohammad-Taghi, le grand exégète du Coran, un clerc éclairé devenu enseignant laïc.
  • 1952 : Fin du 1er cycle des études      secondaires, devient enseignant aux lycées, et fonde l’association      islamique des élèves, arrêté suite à une manifestation      anti-gouvernementale.
  • 1953 : Membre du Mouvement de la Résistance Nationale.
  • 1954 : Baccalauréat en lettres, traduit de      l’arabe un livre de Kashif al-qetâ’: les archétypes moraux en islam.
  • 1955 : Faculté de Lettres de Mashhad, traduction de « Abû-Zar al-Qaffârî, Un      socialiste théiste », d’un auteur égyptien Jodat al-Sahhâr, rédaction d’un      traité sur l’« Histoire de l’évolution de la philosophie ».
  • 1957 : arrêté avec 16 autres membres du M.R.N à      Machhad.
  • 1959 : Obtention d’une bourse d’études en France,      élu comme meilleur étudiant de Licence en lettres (1958), début de      collaboration à Paris avec le FLN.
  • 1960 : Connaissance de Fanon et traduction d’une      anthologie de son œuvre.
  • 1961 : Activités politiques au sein de      l’opposition national-démocratique et la confédération des étudiants      iraniens, publication d’un journal « Iran Libre» du Front      National et son      organe théorique « La Pensée du Front » où il présente Fanon pour la première fois dans la littérature      révolutionnaire persane; arrestation à Paris suite à la manifestation des      étudiants devant l’ambassade de Belgique lors du martyre de Patrice      Lumumba, le 17 janvier, dialogue avec Guioze (intellectuel togolais) à la      prison de la Cité.
  • 1962 : Etude et recherche en sociologie et histoire des religions, suit les cours de Louis Massignon, Berque et Georges      Gurvitch, fait la      connaissance de Jean-Paul      Sartre et du milieu      intellectuel français, publication en Iran de l’« Occidentalité » de Jalal      Al-Ahmad.
  • 1965-1972 : Professeur d’histoire à l’Université de      Machhad, après une période d’enseignement dans les écoles, publication de      ses cahiers intimes « Désert » et de son «Islamologie », une série de      discours et de conférence à travers le pays et les Universités et surtout      à Téhéran dans le centre culturel et religieux de Hosseiniyeh Ershâd,      fermé par l’ancien régime (à la demande du clergé conservateur),      interdiction de publication et de toute intervention publique.
  • 1963 : Obtention d’un Doctorat ès Lettres à la Sorbonne sous la direction de Gilbert Lazard.
  • 1964 : Retour en Iran, arrêté à la frontière et      incarcéré à Téhéran.
  • 1973-1975 : Détention pendant 18 mois par la SAVAK, police politique du Shah, dans les cellules d’isolement,      libération après les accords d’Alger      et assignation à résidence.
  • 1977 : le 17 mai 1977, après avoir réussi à      quitter l’Iran sous son second nom de famille, son épouse, prise en otage,      se voit interdite de sortie à l’aéroport. Le 19 juin Shariati meurt d’une      attaque cardiaque[1] (selon certains, il s’agirait d’un      assassinat[2] par la Savak) à Southampton en Angleterre.

Généralement considéré comme l’idéologue de la révolution iranienne, il n’en fut pas moins critiqué par les mollahs qui l’accusent de laïcisme et d’ occidentalisme.

Notes et références

  1. An Islamic Utopian: A Political Biography of Ali      Shariati par Ali Rahnemaré [archive]
  2. Saints et héros du      moyen-orient contemporain: actes du colloque des 11 et 12 décembre 2000, à      l’Institut universitaire de France par Catherine Mayeur-Jaouen [archive]

Bibliographie

  • Pouran Shariat-Razavi, Tarikh az      yek zendegi (« Portrait d’une vie »), Téhéran, éd. Chapakhsh, 3e      tirage, 1996.
  • Ali      Rahnemā, An islamic utopian : A political biography of Ali Shariati,      I.B.Tauris, Londres, 1998.

Publications d’Ali Shariati en langue française

  • Histoire et destinée, Sindbad, 1982
  • L’Omma & l’Immat, La communauté      islamique et la direction spirituelle et temporelle, Al-Bouraq, 2007
  • Muhammed, de l’hégire à la mort, Al-Bouraq, 2007
  • Fatima est Fatima, L’idéal universel      féminin, Al-Bouraq,      2009
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