Dans le monde glacé d’aujourd’hui, de vieux communistes et des jeunes désemparés éprouvent le besoin de se tenir chaud. Cela, nous le comprenons tout à fait. Mais cela ne doit se faire ni au prix de l’oubli des horreurs passées, ni à celui de l’abandon de tout esprit critique.
Aujourd’hui, la notion de classe ouvrière est devenue étrangère aux travailleurs eux-mêmes. Ils se conforment au consumérisme ambiant. Mais le consumérisme n’est pas la seule explication à la disparition de la classe ouvrière comme force politique. Le fait que depuis un siècle, des courants politiques parlent, massacrent et asservissent en son nom n’y est pas étranger non plus.
Le Parti s’est effondré avec la fin des illusions sur le paradis soviétique. « Communiste» n’a jamais été le nom d’une société libre et égalitaire. Ca n’a été que le nom de régimes ignobles. Quelques révolutions ont abouti à de réels progrès sociaux, mais aucune n’a réussi à établir durablement un système de liberté et d’égalité.
On peut réinventer une société libre, égalitaire et fraternelle, mais il faut partir de la réalité actuelle, pas de celle de Marx. Sur ce point, nous n’avons pas le sentiment de rompre avec sa démarche : lui-même essayait de réinventer une société libre, égalitaire et fraternelle. Il partait de la réalité du XIXe siècle, qui n’était déjà plus celle de la Révolution française où ces notions avaient été érigées en principes.

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