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Internationale Communiste : Comment résoudre le problème palestinien – 1937

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publié dans La Correspondance Internationale, organe de l’Internationale Communiste, n°44, 16 octobre 1937
Salim Aboud
Lorsque fut publiée la déclaration Balfour, en 1917, l’impérialisme britannique était parfaitement au courant de toutes les difficultés qu’elle allait susciter.
La Grande-Bretagne avait besoin d’un allié fidèle qui l’aiderait à faire obstacle au mouvement croissant de libération nationale du peuple arabe, à raffermir sa position impérialiste dans les pays arabes et à protéger sa route des Indes. Ce fut le sionisme qui s’avéra être cet allié.
La Grande-Bretagne dénonça ses promesses antérieures d’indépendance et d’autonomie des Arabes, et publia la déclaration Balfour à l’adresse des chefs sionistes.
Par cette manifestation, l’Angleterre se chargeait de créer en Palestine les conditions nécessaires à l’établissement d’un “Foyer national juif”.
Depuis vingt ans que dure cette institution du “Foyer national juif”, imposé par la contrainte, les dirigeants sionistes, malgré leur démagogie et l’aide bienveillante de la Grande-Bretagne, ne purent arracher aux Arabes plus de 1 250 000 dounam de terres, c’est-à-dire environ un huitième des terres cultivées ou un tiers de toutes les terres fertiles du pays.
5% seulement de la population juive de Palestine furent établis en colons sur ces terres. Dans la question de l’immigration, le succès fut tout aussi relatif.
Malgré l’exploitation par des chefs sionistes de toutes les circonstances qu’ils pensaient propres à favoriser l’immigration juive en Palestine, y compris la brutale persécution des juifs en Allemagne, 300 000 personnes seulement vinrent s’établir à demeure en Palestine pendant ces vingt années. Beaucoup de ces nouveaux immigrés gardent d’ailleurs leur ancienne nationalité.
Le côté le plus sombre de ce “Foyer national juif”, création de la Grande-Bretagne et des sionistes, c’est son résultat pour le peuple arabe.
Plus de 60 000 paysans et fermiers arabes furent chassés de leurs terres occupées par les Juifs. Cet état de chose provoqua quatre émeutes arabes contre la domination anglaise et le sionisme. La plus importante eut lieu en avril 1936.
Cette émeute coïncidant avec de graves événements dans les pays arabes voisins, et dont les fascistes allemands et italiens cherchèrent à profiter, convainquit, par sa durée et ses proportions, la Grande-Bretagne qu’il est impossible de continuer à gouverner le pays par les vieilles méthodes.
Une commission royale fut nommée, avec mission d’enquêter sur les causes de l’émeute et d’élaborer un projet de solution de la question palestinienne.
Voici donc ce qu’elle propose : le partage du minuscule pays de Palestine en trois parties : l’une pour les Arabes, l’autre pour les Juifs, la troisième, comprenant Jérusalem, pour la Grande-Bretagne, c’est-à-dire lui restant sous forme de territoire sous mandat, étant bien entendu d’ailleurs que la Grande-Bretagne aurait aussi voix au chapitre dans les deux petits Etats-fantômes juif et arabe.
Le peuple arabe de Palestine repousse le plan de morcellement. Le monde arabe tout entier se solidarise à cet égard avec lui.
Les Arabes ne voient pas autre chose dans ce projet qu’une réorganisation, sur de nouvelles bases, de l’impérialisme britannique en Palestine et dans le monde arabe, une recrudescence de vie du sionisme et de nouveaux obstacles dressés contre leur mouvement de libération nationale.
Le projet dépouille le peuple arabe des meilleures terres de Palestine, en particulier celles de la côte, pour y ériger l’Etat juif, condamnant la population de cette région au nomadisme et à l’émigration vers les régions infertiles et montagneuses du centre. Chose étrange pour quiconque sait que les Arabes forment la majorité dans ces territoires.
Non seulement le projet ne diminue en rien l’hostilité actuelle entre Juifs et Arabes en Palestine, mais il la renforce et fournit de nouveaux éléments de désaccord entre l’impérialisme britannique et la nation arabe en Palestine et hors de Palestine, ainsi que l’ont fait voir les derniers événements du monde arabe.
De même, il ne pourra que renforcer les intrigues et les complots de l’Allemagne hitlérienne et de l’Italie fasciste.
Ces Etats s’empresseront d’exploiter le mécontentement des Arabes, pour faire de la Palestine et des pays arabes voisins le théâtre de désordres pouvant causer le plus grand préjudice à la Grande-Bretagne, aux Arabes et aux Juifs, et mettre la paix du monde en danger. Tout en rejetant le projet de partage, les Arabes présentent des contre-projets constructifs.
Ils demandent qu’on mette un terme à la politique impérialiste et coloniale ; que la population palestinienne, aussi bien juive qu’arabe, reçoive les droits démocratiques qu’on lui refuse ; qu’un parlement composé des représentants du peuple soit formé pour légiférer démocratiquement et sans entraves aussi bien au sujet de la répartition des terres et de l’immigration, qu’en toute autre matière, dans l’intérêt de tous les habitants de la Palestine.
La question n’est pas davantage pour les Arabes que pour les Juifs de savoir “quelle nation dominera l’autre”, bien que la commission royale se soit efforcée de le démontrer, mais “comment les deux nations pourront être amenées à collaborer”.
Le chemin que les impérialistes et les sionistes ont négligé, c’est celui de la démocratie. Un autre projet arabe remarquable, c’est celui du prince Mohammed Ali, régent d’Egypte.
Soutenu par tous les nationalistes du monde arabe, ce projet, analogue à ceux de deux personnalités influentes et lucides du monde juif, le chef du parti libéral de Grande-Bretagne, Sir Herbert Samuel, premier haut-commissaire britannique en Palestine, et le Dr Magness, ancien recteur de l’Université hébraïque de Jérusalem, prévoit la jonction de la Palestine, de la Syrie et de la TransJordanie sous un gouvernement démocratique unifié.
Les Juifs y feront figure de minorité nationale à droits égaux à ceux des autres. La politique des sionistes ne serait pas reconnue.
Un des mérites de ce plan est non seulement de garantir la collaboration et l’amitié entre Juifs et Arabes, mais – on ne saurait trop le reconnaître – d’amoindrir le danger d’une guerre en Méditerrannée orientale, de proposer un nouvel Etat favorable à la cause de la paix et de la sécurité mondiale, un nouvel allié des nations démocratiques, France et Angleterre en particulier, dans la lutte contre la guerre et le fascisme.
La Grande-Bretagne n’a accordé nulle attention à ces projets, elle s’est refusée à les prendre sérieusement en considération.
Il semble même qu’elle persiste à vouloir réaliser son projet de morcellement, bien que persuadée elle-même que seul l’emploi de la force permettra de le faire.
Les récents événements de Palestine démontrent que les Arabes ont commencé à résister sérieusement au projet britannique.
Une fois de plus, la Grande-Bretagne vient de montrer qu’au lieu d’agir dans l’intérêt des Arabes et des Juifs, ainsi que de leur collaboration, qu’au lieu de travailler pour la cause de la paix et pour préserver la vie de la jeunesse anglaise, elle ne songe qu’à ses intérêts impérialistes et coloniaux.
Le Congrès de Zurich vient de dévoiler les véritables intentions des dirigeants sionistes. Les éléments représentant véritablement les masses laborieuses juives y ont été réduits au silence. Quant aux opinions qu’il fut permis d’énoncer, elles peuvent se diviser en deux groupes.
Le premier acceptait le partage, à condition que l’Etat juif fut agrandi aux dépens des Arabes.
Le deuxième repoussait le partage, non pour collaborer à l’action de libération nationale arabe, mais en vue de réaliser le programme maximum du sionisme, à savoir l’occupation de la Palestine et de la TransJordanie.
Les projets arabes sont pratiques et réalisables. Si les chefs sionistes tiennent vraiment à une entente avec les Arabes, comme ils le prétendent, on peut dire avec certitude qu’ils passeront plus tôt qu’il ne semble dans le domaine des réalités.
Le devoir des masses laborieuses juives et des libéraux juifs, notamment en Palestine, est de secouer le joug des dirigeants sionistes, agents de l’impérialisme britannique et d’en venir à une entente directe avec le peuple arabe, à l’unification de la lutte politique du peuple juif avec la lutte du peuple travailleur arabe et le mouvement de libération nationale arabe, sur la base du front populaire, de la démocratie, du parlementarisme, de la liberté syndicale et du pain assuré pour tous.
De la sorte, ils contribueront d’ailleurs à la cause du progrès parmi les masses arabes, ils aideront le peuple arabe de Palestine et d’ailleurs à combattre leurs traîtres et réactionnaires, et enfin, ils travailleront pour la sauvegarde de la paix en Palestine, dans les pays arabes et dans le monde entier.
Les travailleurs, les amis de la paix et du progrès, en Grande-Bretagne et dans le reste du monde, ont eux aussi le devoir de soutenir ces projets arabes qui résoudront la question palestinienne dans l’intérêt des masses laborieuses juives et arabes en vue de leur collaboration amicale et serviront la lutte contre le fascisme juif et arabe en Palestine, ainsi que la cause de la paix au Proche-Orient et dans le monde entier.

(Encore une fois) Sur le mouvement maoïste international

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Par Servir le peuple

Nous ne pensons pas qu’il existe de véritable opportunisme liquidateur dans le maoïsme international ; sinon une espèce d’olympiade sportive mondiale de s’en accuser mutuellement.
Il existe des PENCHANTS. Le sisonisme philippin a un PENCHANT vers l’opportunisme de droite, le pragmatisme/réalisme, avec parfois des relents postmodernes ou de libéralisme envers le postmo.
Le gonzalisme a un penchant vers le dogmatisme paralytique qui a l’insigne mérite de pratiquement interdire de se tromper, de quasi systématiquement pouvoir “l’avoir bien dit” quand ça part en vrille, mais qui interdit aussi à notre sens dans la plupart des cas toute ligne de masse, toute réelle action ; sauf au Brésil où il a un background et ne part pas de rien ; mais ailleurs il n’avance pas vraiment, même dans des pays proches du Pérou.
D’autres ont des penchants mouvementistes sans réel fond politique, sous un “village Potemkine” spectaculaire : le maoïsme occidental, notamment, est fait de villages Potemkine, voilà le mot. C’est beau, mais quand on toque un peu dessus, toc toc, c’est creux. Il n’y a pas de contenu.
Certes, dire que l’opportunisme liquidateur n’existe pas implique de ne prendre en compte que le TKP/ML légitime et non les usurpateurs liquidateurs rojavistes qui eux le sont vraiment, encore que certains pourraient en revenir (devant la voie de garage évidente que représente de se mettre à la remorque du PKK et du HDP). Mais bref.
Il y a une tendance générale qui est de considérer que poser les principes universels de la “3e et supérieure étape” du marxisme se suffit à soi-même, et à ne pas développer une PENSÉE pour empoigner réellement le glaive de la révolution dans chaque pays et les conditions qui lui sont propres.
Lorsqu’il s’agit de copier-coller ce qui s’est fait au Pérou dans des pays assez similaires, comme au Brésil, ça peut fonctionner… Mais pas systématiquement, y compris dans des pays encore plus proches comme l’Équateur. Au demeurant ni le Pérou, ni le reste de l’Amérique latine actuels ne sont le Pérou des années 1970, c’est un problème et l’a peut-être déjà été au Pérou lui-même dans les années 1990.
D’autres mouvements importants (Inde, Philippines, Turquie et Kurdistan du Nord) capitalisent sur ce qui a été “pensé” à leurs débuts, dans les années 1960 ou 70.
[Nous avions déjà évoqué cette question il y a quelques mois : pour-en-finir-avec-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines ; comme quoi le problème est moins qu’il y ait des “déviations” plaçant telles ou telles organisations hors du MLM, qu’une prétention à définir et imposer comme “voie” universelle des schémas de pensée qui, de fait, sont adaptés et “marchent” dans tel ou tel pays.]
Ailleurs, nous ne voyons pas vraiment un groupe qui ait réellement “pensé” son pays.
À l’heure actuelle, le fait est que beaucoup plus d’énergie est dépensée en controverses, à se traiter mutuellement de révisionnistes ou de dogmatiques qu’à se consacrer chacun dans son pays à cette tâche, sans même parler de passer sérieusement à l’action.
Il est peut-être intéressant de relever que la plus “grande”, pas seulement quantitativement mais qualitativement, Guerre populaire maoïste en cours actuellement est celle d’Inde… Et que les maoïstes de ce pays sont assez peu présents sur internet et dans toutes ces polémiques.
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En principe le révisionnisme est une menace parce qu’en offrant une voie militante plus facile et accessible, il présente rapidement un caractère de masse au détriment des vrais communistes qui offrent un chemin plus difficile, risqué et tortueux.
Si l’on part de ce principe… franchement le prachandisme (hors Népal), l’avakianisme (partout), c’est quoi la menace ? Personne n’en a rien à foutre ; presque personne, dans les masses, n’en a même entendu parler. Le MLM vision Sison, si on le tient pour révisionniste, à peine plus (hors Philippines)… Au Brésil, l’orga dissidente sisonienne a fait un flop ; elle s’est avérée incapable de menacer en quoi que ce soit un mouvement maoïste gonzaliste implanté depuis des décennies.
À un moment donné, il faudrait arrêter les fixettes. Si le gonzalisme a des limites elles sont d’abord internes, bieeeen avant l'”influence néfaste” de quelque autre courant.
Les gonzalistes qui peuvent se targuer d’un certain succès, comme les Brésiliens, devraient réellement moins se préoccuper de ça que du fait que les autres gonzalistes internationaux le soient authentiquement. Développent une Pensée Guide pour faire la révolution dans leurs pays respectifs, par exemple. Et que le cas échéant, cette Pensée Guide ne soit pas complétement réactionnaire, une régression intellectuelle y compris par rapport à des forces ML ou trotskystes, comme cela a pu être le cas en fRance avec un certain ‘p”c”mlm’ et l’est actuellement aux États-Unis (et pourrait l’être à nouveau en France par ré-importation d’outre-Atlantique).
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En fait, pour qu’on se comprenne bien, on n’est pas sur une question de trucs qui marchent pas. Encore que le Pérou se soit pris une certaine branlée, dont on pourrait discuter des raisons, bon.
On est sur la question de l’exportation et application bête et méchante partout dans le monde de modèles qui marchent.
Les Philippines ça marche, nous ne croyons pas à leur capitulation 100 fois annoncée, la stratégie de négociations nous a encore été réexpliquée etc. L’Inde ça marche, le Pérou ça a glorieusement marché, le Brésil aujourd’hui ça marche plutôt pas mal…
Donc en fait, la question qui a pu se poser pour l’URSS de Lénine-Staline ou la Chine de Mao, ou le guévarisme après le succès cubain, dans les années 1960, sur le continent américain. Des trucs qui marchaient… Il y avait déjà ces débats sur le “modèle” à suivre plus ou moins aveuglément.
Déjà on pourrait faire beaucoup plus simple, en disant simplement que le MLM c’est le gonzalisme. Ben oui, c’est qui qui l’a synthétisé et affirmé internationalement, le MLM ?*
Tous les autres sont des ML ralliés, un peu comme les catholiques ralliés à la République LOL, plus ou moins tardivement et à des degrés divers.
Un peu comme à une époque, des marxistes et des socialistes divers se sont petit à petit ralliés au marxisme-léninisme.
Forcément, ça pose la question de l’adaptation à chaque contexte national (qui passe par l’élaboration d’une Pensée… ce que combien ont fait ?). Plus le MLM s’éloigne du Pérou, moins il peut être “pur”.
Les Philippins sont “problématiques”, déjà peut-être parce qu’au moment de reconnaître le MLM (vers la fin des années 1990 ?) ils avaient déjà derrière eux une longue histoire et pas ridicule. Il est donc logique qu’ils en fassent un peu à leur tête, et revendiquent une légitimité en tant que seule organisation à avoir une continuité totale depuis l’époque de Mao et de la Révolution culturelle.
En fin de compte, on peut critiquer Sison comme on peut critiquer Gonzalo ou ses épigones actuels, comme Mao critiquait Staline : comme des CAMARADES, et de grands révolutionnaires communistes qui ont pu parfois commettre des erreurs en s’écartant du matérialisme dialectique, et/ou en perdant de vue certains principes ; mais qui restent dans le camp du communisme.
En revanche, il existe des lignes rouges de l’inacceptable et des gens comme Prachanda et Bhattarai au Népal, Öcalan et le PKK et les orgas à sa remorque dans le HBDH en Turquie/Kurdistan, le ‘p”c”mlm’ en Hexagone ou les Red Guards aux États-Unis (liquidation infra-ML de la nécessité anticoloniale intérieure) les ont franchies.

[* Il existe une tendance, des groupes, qui disent que la Pensée Gonzalo a des aspects universels, qu’il est effectivement la “4e épée du marxisme” et qu’il prépare une 4e et encore supérieure étape.
C’est assez fréquent en Occident et à notre humble avis, c’est l’épicentre de ce qui peut chier idéologiquement.
Gonzalo ne s’est jamais qualifié lui-même de “4e épée” et le qualifier ainsi est anti-MLM. Il a simplement synthétisé et affirmé internationalement le maoïsme comme 3e et supérieure étape en même temps qu’il l’appliquait (“passant” Mariátegui à travers ce nouveau prisme) à la réalité concrète du Pérou, ce qui constitue sa “Pensée”. Personne n’est de toute façon une “épée” du marxisme ; le maoïsme ou même le marxisme-lénininsme anti-révisionniste post-Khrouchtchev ne se résument pas à Mao par exemple, qui n’est donc pas la “3e épée”, ni Lénine à lui seul la 2e, etc. marxisme-au-dela-de-marx-leninisme-au-dela-de-lenine-maoisme-au-dela-de-mao
Aucun propos émanant de gens qui appellent ainsi leur maison d’édition, ou de leurs soutiens internationaux, ne mérite d’être pris au sérieux ni d’engager la moindre discussion.]
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Cette lutte entre ‘pôles’ ‘grands frères’ internationaux, nous croyons qu’il n’existe pas d’autre ligne juste que de s’en tenir à l’écart, et en fait, dans le respect de ceux qui le méritent (que ce soit la lutte aux Philippines ou au Brésil), refuser CATÉGORIQUEMENT ces logiques de ‘modèles’ dictant ce qu’il et comment il faut faire dans le moindre recoin du monde. Ça a déjà été néfaste à l’étape ML, ça apparaît clairement dans le retour critique (matérialiste et constructif) chinois sur l’expérience soviétique sous Staline la-critique-maoiste-de-staline ; les éminences du Komintern sont passées à côté de génies comme Mariátegui comme ça, bref.
Le grand-frérisme est chez les grands Partis un ‘vertige du succès’ à combattre ; et surtout comme nous avons déjà pu le dire pour-en-finir-histoires-controverse-amerique-du-sud-vs-philippines, traduit chez les ‘petits frères’ une fainéantise politique. Oui : la problématique des Partis ‘grands frères’, c’est finalement et avant tout un problème de FLEMME idéologique des partis ‘petits frères’ qui vont se reposer sur les ‘grands’ plutôt que de bosser ; plus encore qu’une volonté active de ces derniers de se poser comme tels, même si bien sûr ça existe (le PCbUS dans le Komintern, mais aussi ensuite le PC de Chine ou l’Albanie contre le révisionnisme, etc.).
Cela rejoint encore une fois la nécessité absolue d’une Pensée… Mais lorsqu’on y travaille, même modestement, il faut s’attendre à se prendre des pierres ! Se souvenir de Mariátegui à ce sujet…AMX_056_0012.pdf
Et dans 99% des cas on voit bien que le ralliement à tel ‘grand frère’ contre tel autre recouvre en fait surtout des règlements de comptes strictement nationaux. Si les Red Guards se rallient au ‘purisme’ gonzaliste, c’est par exemple beaucoup pour pouvoir attaquer l”éclectisme’ qu’est le respect des militants colonisés-intérieurs pour les grandes figures anti-impérialistes non-maoïstes (c’est à dire à peu près toutes, puisque le MLM a été affirmé dans les années 1980-90… à ce jeu là même Kaypakkaya ou Majumdar n’étaient pas ‘maoïstes’…), et pouvoir les disqualifier au profit de leur volonté de centralisation partidaire sous la coupe de l’Amérique blanche. Vous imaginez un peu, l’utilisation faite ici d’un truc qui part à la base de la plus grande armée de libération indigène de l’histoire du Pérou depuis le 18e siècle sur-gonzalo-le-pcp-et-la-guerre-populaire-au-perou ?
Travaillons à l’écart de tout ça, élaborons la Pensée pour faire la révolution chez nous, et ne cherchons pas des ‘grands frères’ pour excuser notre rien-faire idéologique ou régler nos différends nationaux…
Cherchons et trouvons le point d’équilibre (véritable pierre philosophale…) entre solidité théorique scientifique et lien avec les masses, permis seulement par la FINESSE intellectuelle et le penser-avec-sa-tête ; afin d’éviter les situations à l’allemande où l”autisme politique’ (excellence théorique, mais difficulté à ‘socialiser’ avec les masses par sa pratique) engendre automatiquement contre lui le populisme éclectique et bas-du-front au nom de ‘toucher enfin’ celles-ci, ce qui est une phénomène littéralement mécanique et AUTOMATIQUE et qui n’a pas d’autre antidote que ce juste équilibre.
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Le centrisme, c’est vouloir se tenir absolument à équidistance entre deux positions.
Ce n’est pas notre cas : au contraire, nous en affirmons fermement une. À savoir, la position de Mao et des communistes chinois dans leurs retours critiques sur l’URSS de Staline critique-maoiste-staline ; au sujet de la tendance de grands Partis aux grandes réalisations à se poser en “guides” de l’activité de tous les Partis de la planète, et de l’autre côté, des petits Partis au suivisme aveugle vis à vis des grands ; l’un ne pouvant aller sans l’autre.
Le centrisme, ce peut être aussi vouloir à tout prix concilier des positions inconciliables.
Au contraire, nous disons que nous ne concilierons pas avec ce qui nous semblerait inacceptable, de qui que cela provienne ; et ne nous fixerons jamais dans le mouvement communiste un “camp” de la part duquel tout serait accepté et défendu, et rien de ce pourrait faire le “camp” opposé.

Un point (final ?) sur la situation en Syrie et au Moyen-Orient

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Par Servir le peuple , le 3 Août 2018

– Il faut peut-être tout d’abord commencer par réaffirmer quelques points par rapport à cette position sur Rojava qui peut de prime abord sembler saugrenue de notre part, nous qui militons pour la libération révolutionnaire socialiste du Peuple occitan et de tous les peuples opprimés de l’État français et d’ailleurs. Les choses sont assez synthétiquement expliquées ici : quelques-considerations-sur-le-confederalisme-democratique-et-la-question-nationale.
Le PKK d’Öcalan n’est pas une organisation qui lutte pour, mais qui a au contraire TOTALEMENT LIQUIDÉ l’indépendance socialiste du Kurdistan vis-à-vis de l’État fasciste (centraliste négateur calqué sur la France) turc, ce que nous soutiendrions bien évidemment même si nous préférerions encore plus, comme nos camarades du TKP/ML, une révolution démocratique dans tout l’État qui offrirait ensuite à chaque peuple l’autodétermination. Le PKK est une organisation LIQUIDATRICE de cela ; libre à quiconque, breton ou pas, de se bercer d’illusions contraires mais c’est ainsi.
Sa lutte ne prend plus sens, à l’arrivée, que comme instrument de l’impérialisme pour déstabiliser ou se tailler une part des États qui se partagent les terres kurdes, dans la gigantesque guerre de repartage impérialiste qui secoue actuellement le Moyen-Orient. recapitulatif-articles-sur-rojava
– Le retrait américain (et forcément occidental dans la foulée). C’est une question qui fait l’objet de déclarations contradictoires depuis la fin de l’année dernière, y compris de la part de Trump lui-même (roi incontesté de la volte-face). Mais il faut déjà savoir de quel retrait on parle ! Il n’est en réalité, apparemment, nullement question de retrait au sens d'”abandon” de la région par le bloc occidental ; mais plutôt d’un désengagement au sens d’éviter un sinistre bodycount à l’irakienne… À mesure que les dernières poches de la menace Daesh se réduisent, les effectifs (déjà essentiellement des forces d’élite, de toute façon) ont effectivement vocation à être retirés. La question d’un déploiement de troupes arabes a été évoquée et la Jordanie, l’Arabie saoudite et surtout l’Égypte de Sissi (en assez bon termes avec le régime d’Assad, ce qui serait un “plus”) approchées en ce sens ; des voix discordantes faisant cependant parfois valoir que ces troupes n’apporteraient pas vraiment de valeur ajoutée aux aguerries FDS, et que tous ces pays ont déjà leurs capacités militaires lourdement engagées par ailleurs (Yémen, Sinaï etc.). la-croix.com/Syrie-Etats-Unis-voudraient-remplacer-militaires-force-arabe
À Manbij il n’y a eu absolument nul retrait occidental mais, longuement négocié avec Erdogan, un repli des YPG/J de l’autre côté de l’Euphrate (déjà largement entamé bien avant l’accord de début juin) et l’autorisation de patrouilles turques dans le secteur ; les forces spéciales US et françaises sont toujours bien là, aux côtés des FDS arabes locales sans les Kurdes. challenges.fr/syrie-milice-kurde-ypg-va-retirer-ses-conseillers-de-manbij
french.xinhuanet.com/patrouilles-conjointes-turquie-etats-unis
Concrètement, l’Occident veut bien sûr éviter le “bourbier” (si coûteux politiquement) pour ses troupes, mais n’est absolument pas sur la voie d’un “retrait” signifiant abandon total de ses intérêts.
– L’axe géopolitique tant de Trump que de Macron semble en fait marqué par un paradoxe : uneconfrontation croissante avec l’Iran (où les “ultras” à la Ahmadinejad pourraient bien prochainement reprendre le pouvoir aux “modérés” en place depuis 2013), et même avec des régimes trop “non-alignés” comme celui d’Erdogan ou encore le Qatar (éviction de Tillerson qui tendait à le “protéger”apparemment-tillerson-s-est-fait-virer) ; mais en même temps une volonté de ménager la Russie, ce qui pourrait bien déboucher sur quelque chose comme “mains libres” en Syrie pour Poutine contre “mains libres” en Palestine et alentour pour Trump et sa clique d’ultra-sionistes et de fondamentalistes chrétiens millénaristes, avec leur VRP local Netanyahou… haha-interessant-russie-deal-du-siecle-palestine
middleeasteye.net/sissi-detient-la-cle-du-programme-envisage-par-trump-dans-le-sinai-pour-tuer-l-etat-palestinien
Aussi proche (contrairement aux délires des “anti-impérialistes” poutinolâtres, soraliens et autres) d’Israël qu’elle ne l’est de Téhéran, la Russie travaille aussi à résoudre un autre paramètre essentiel du conflit, qui est la terreur des sionistes devant l’installation massive de forces militaires iraniennes et du Hezbollah à leurs portes (Golan) ; en quête d’un modus vivendi certes laborieux à trouver :actuj.com/presence-iranienne-en-syrie-ce-que-change-l-accord-entre-russes-et-israel – lejdd.fr/russie-intermediaire-conflit-entre-israel-et-liran – orientxxi.info/syrie-subtil-jeu-d-equilibre-russie-entre-israel-et-iran – jforum.fr/israel-ne-croit-plus-moscou-sur-le-retrait-iranien-du-sud-syrien
– De là sans doute, plus qu’un quelconque “abandon occidental face à Erdogan”, la raison de l’accord en voie de finalisation pour la restitution de Rojava à l’autorité de Damas termes-exacts-accord-conclu-forces-kurdes-regime-syrien. Un accord qui en contrepartie de cette restitution, outre quelques concessions à la langue et à la culture kurde, prévoit surtout… l’attribution du Ministère du Pétrole à un Kurde du PYD ou proche. Ce qui, avec les liens étroits tissés au cours des années de guerre contre Daesh, signifie QUOI pour le bloc impérialiste occidental d’après vous ??! Nous, à part une COGESTION russo-occidentale de fait des gisements syriens, on ne voit pas bien…
Mais bien sûr, nous avons là (“enfin” !) l’accord “anti-impérialiste” Rojava-régime (contre “Hitlerdogan”, s’il vous plaît !) qui pourra être brandi comme argument par le dernier carré de rojavistes internationaux, pour continuer à nous fourguer en contrebande tout leur opportunisme gaucho-impérialiste dans l’analyse internationale, leur lutte contre l’idéologie et les devoirs révolutionnaires de notre époque etc. etc. (tant pis pour les libertaires planant à 10.000, et les gauchistes atlanto-sionistes cocus).

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